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Histoire des livres pour les enfants
Internet, nos enfants et nous
Comment fait-on pour apprendre à lire ?
Pourquoi est-ce si difficile d'écrire ?
Mon enfant n'aime pas lire, que faire ?

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On ne peut pas obliger un enfant à aimer lire,
mais on peut l'y aider

Allez voir “Stella” !

Rentrée 76. Stella habite aux marges de Paris, ses parents y tiennent un café. Les hasards de la carte scolaire (oui, celle qui n’existera bientôt plus) l’expédient dans un “collège de riches”. Stella n’y est pas à sa place : elle l’a décidé et plus d’un s’empressent de le lui confirmer. Mais il y a Gladys. Et Gladys non plus n’a pas l’air à sa place dans cette sixième des beaux quartiers. Je brûle de vous en dire plus, de vous dire tout le bien que je pense de ce film, que c’est la plus belle amitié enfantine que j’ai vue au cinéma depuis longtemps, que j’en suis sortie bouleversée comme rarement… Sauf que j’ai horreur qu’on me gâche le plaisir en m’en disant trop alors je m’auto-coupe le sifflet avant que vous me fassiez le même reproche. Mais bon sang, allez-y voir!

Stella, de Sylvie Verheyde (avec pas beaucoup de gens connus dedans et pas beaucoup de publicité autour alors on se dépêche avant qu’il quitte l’affiche et qu’on se plaigne de l’avoir râté!). Pour tout le monde à partir de 14 ans.

Ce que l’on n’a pas dit…

Hier, j’étais invitée à participer à une émission d’après-midi sur Europe 1. Thème : comment faire pour que les enfants aiment lire ? Avec Edwige Antier, nous avons fait assaut de merveilleuses idées. Lire à haute voix même quand les enfants savent lire tout seuls, le faire autant pour le benjamin que nous l’avons fait pour l’aîné, ne pas craindre les livres que l’on ne trouve pas très bons… Pourtant, à la réflexion, nous aurions dû dire aussi quelque chose d’important : aussi précieuse que nous semble la lecture, nous devons pouvoir autoriser nos enfants à ne pas aimer ça. Accepter des enfants qui ne sont pas à notre image, ce n’est ni une pose théorique, ni un exercice facile… Allez, courage et bonne rentrée, je file acheter Roméo et Juliette demandé par le prof de ma benjamine et dont, malgré une fouille serrée, nous n’avons pas été capables de retrouver les exemplaires déjà acquis lors des précédentes commandes scolaires et urgentes des aînés, exemplaires qui devraient réapparaître vers la Toussaint. On est habitués : l’année dernière, c’est Rousseau qui nous a fait le coup…

La loi sur le prix unique du livre

La France a une chance folle d’avoir une loi qui garantit le prix unique du livre. Partout en France métropolitaine les livres se vendent au même prix, prix imprimé sur la couverture, avec pour seule tolérance une remise possible de 5%. C’est grâce à cette loi que, depuis 27 ans, nous avons réussi à préserver un tissu de librairies.  Tissu que tous les pays qui ne l’ont pas ou plus nous envient.Ecorner cette loi n’aboutirait certainement pas à baisser le prix des livres mais aboutirait sûrement à fragiliser tous les métiers du livre, de l’auteur au lecteur. On ne lit sans doute pas assez, mais est-ce une question de prix ? Les bibliothèques sont nombreuses, les livres sortent rapidement en format poche et on  prête souvent les livres que l’on a aimés. L’argument qui consiste à dire que des prix libres pourraient limiter le nombre des invendus est d’une consternante naïveté, pour ne pas dire pire. Vouloir défendre à toute force la liberté d’une grande distribution cynique et toute puissante mène parfois à dire de grosses bêtises. A en faire, aussi…

Et si on les payait pour lire ?

Le maire d’un petit village espagnol de 3000 habitants a décidé de donner aux parents 1 euro pour chaque heure que leurs enfants auront passé à la bibliothèque. Décidé à lutter efficacement contre l’échec scolaire dans sa commune qu’il évalue à 85%, il place l’usage de la bibliothèque au centre de son dispositif. A suivre…(source : Livres Hebdo du 8/2/2008)

“Moi !”

9782092514238.gifVous connaissez Hubert Ben Kemoun ? C’est un auteur qui explore à la fois le registre de l’album et celui des romans. D’habitude j’aime bien le lire et j’ai même eu le plaisir de le publier (avec un petit faible avoué pour “L’oeuf du coq”, joyeuse fable illustrée par son comparse Bruno Heitz sur un coq borgne qui refuse aux mots étrangers leur permis de séjour dans la langue française). Bref, Hubert Ben Kemoun publie cet automne un album réjouissant à offrir à tous les petits loups qui ne sont pas très sûrs que la lecture vaille la peine que l’on s’y arrête… Ca tombe bien, c’est bientôt Noël !

“Moi !”, de Hubert Ben Kemoun, illustrations de Ronan Badel, 14 euros, Editions Nathan.

Chagrin d’école

Fallait-il que “Chagrin d’école”, le nouveau livre de Daniel Pennac (Gallimard) soit couronné par le prix Renaudot ? Il n’en avait sans doute pas besoin, mais il n’empêche que tous les parents de cancres et assimilés y trouveront une grande chaleur et un grand réconfort. C’est un peu cabotin ? Oui, sans doute, mais est-ce une raison pour bouder son plaisir ?…

Rendez-vous à Gradignan !

Vous connaissez ce salon du livre au format de poche dont tout le monde dit qu’il est super ? Je m’y rends vendredi prochain pour une table ronde sur le goût de lire. Pour en savoir plus : http://www.ville-gradignan.fr

William pour les récalcitrants

En matière de littérature, quand on dit classique, nos enfants pensent souvent assommant, et leur prouver le contraire peut s’apparenter à un exploit de haut vol. Je n’ai pas de solution pour tout, mais depuis hier soir j’en ai une magistrale pour leur faire revisiter Shakespeare avec entrain et bonne humeur. Je suis allée voir ça avec deux demoiselles de 16 ans qui n’en sont pas encore revenues. C’est une compagnie de théâtre de rue, Les 26000 couverts, qui propose une folle adaptation de “Beaucoup de bruit pour rien !”. A partir de 13/14 ans, emmenez-y tout le monde ! Toutes les dates de la tournée et plus d’infos sur le site de www.2r2c.coop (la coopérative des arts du cirque et de la rue).

Comment aider un enfant à passer du livre illustré au livre sans images? C’est souvent une étape difficile !

(Question posée sur le web pédagogique, lewebpedagogique.com)

Il faut pour cela attendre que la lecture silencieuse de l’enfant soit assez aisée pour que la seule lecture des mots fasse naître les images qui ne sont plus physiquement présentes dans les livres.
Il faut aussi aider les enfants à choisir des livres qui assureront la progressivité de ce passage. Beaucoup d’images en couleurs et peu de texte au début. Puis moins d’images en couleurs et plus de texte. Mais avant de passer au texte seul, le passage par des livres illustrés en noir et blanc est une étape intermédiaire intéressante : le noir et blanc est une première approche de l’abstraction puisqu’il représente le décor et les personnages sans en livrer toute la réalité, laissant à l’imagination seule une partie du chemin à faire. L’année dernière, par exemple, le prix Tam-Tam des lecteurs de J’aime Lire a distingué Kurt et le poisson (d’Erlend Loe, éditions Joie de Lire), très réussi de ce point de vue.
Le troisième conseil serait enfin de prendre l’habitude de lire à haute
voix aux tout-petits des livres sans images
(par exemple les contes de Perrault ou de Grimm en éditions de poche non illustrées). Ces lectures leur prouveront infailliblement que moins il y a d’images dans un livre, et plus le lecteur a la liberté d’inventer les siennes. Ce qui est quand même un des grands plaisirs de la lecture, quel que soit l’âge de celui qui lit !

Ligne 1…

Ce matin, dans le métro, j’étais assise à côté d’un trentenaire à cravate très probablement en chemin pour son travail. Plongée dans un très joli livre de Raphaële Moussafir (”Et pendant ce temps-là les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets”) que j’ai promis à ma copine Constance de lire, j’ai un peu relâché mon espionnage habituel de qui lit quoi. C’était un tort et j’ai bien failli rater une belle prise : mon trentenaire voisin lisait Le Journal de Spirou, il a même sorti un crayon pour répondre à son grand concours de l’été pour gagner plein d’albums de BD. Au début, ça m’a fait sourire et puis, in extremis, je me suis souvenu que j’avais écrit dans mon petit guide en vente dans toutes les bonnes librairies depuis même pas 2 semaines que l’on n’est jamais trop grand pour lire ce qu’on veut. Le métier de donneur de leçons n’est pas sans risque, principalement celui du ridicule… ML

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