sexisme et antisexisme sont dans un bateau…
Sortie de rentrée pour J’aime lire, j’étais invitée ce vendredi à un colloque sur le masculin et le féminin dans la littérature de jeunesse à l’Institut suédois de Paris. Embarrassant : faut-il, pour être dans une ligne féministe, passer eu crible tout ce que nous publions ? Ou bien faut-il penser que les enfants savent mettre à distance les personnages que nous leur présentons ?Ariol, par exemple, que nous éditons chaque mois dans J’aime lire, accueille dans son univers deux personnages de filles : Bisbille, première de la classe assez moche et pot de colle ; et Pétula, jolie mais pas très sympa… Ariol veut échapper à la première (dont il a parfois besoin pourtant) et s’attirer les grâces de la seconde, évidemment… Du grain à moudre pour les féministes assurément, mais si Ariol était parfait, serait-il intéressant ? Les bonnes intentions ne suffisent pas à faire de bons personnages, de bonnes histoires… Heureusement, le jeu des complémentaires nous a permis d’ajouter « Rustine », intrépide inventeuse, dans la partie BD de J’aime lire. L’image de la femme, celle des grands-parents, la représentation du métissage, le respect de l’école… On peut imposer mille contraintes à la littérature de jeunesse. C’est bien plus facile que de voter au parlement pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes, de réglementer le licenciement des têtes grisonnantes ou d’imposer le CV anonyme… Allez, Ariol comprendra un jour que son grand amour c’est Bisbille… En attendant, nous faisons de notre mieux pour éviter les pièges du sexisme, bien conscients pourtant que le terreau d’une bonne histoire ne peut être que l’imperfection.













